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Une thèse au service de l’Afrique : l’Africanisation de la paix.

Samedi 05 janvier dernier, le Département d’Histoire et Archéologie de l’Université Omar BONGO a présenté un candidat au prestigieux grade de Docteur.

Ce fut en début d’après-midi que Monsieur Yvan Comlan OWOULA BOSSOU a présenté la substance de ses travaux autour du thème de recherche : « L’Africanisation de la paix » : les linéaments théoriques, historique et prexéologique d’une utopie politique contemporaine (1963-2014).
Cette thèse qui a tenu durant 3heures les membres de son jury a témoigné d’un intérêt majeur pour le monde de la recherche Scientifique comme le reconnaissent le président du jury (Pr Alexis MENGUE M’OYE), le rapporteur externe (Pr Kofi TSIGBE, en visio) et le directeur de thèse (Pr Jean-François OWAYE) :  » Il s’agit d’un travail particulièrement difficile autour d’une question aussi sensible. Si sin caractère unique étonne et impose respect et admiration, c’est en effet la première fois que pareille étude est menée dans le monde universitaire », en évoquant par ailleurs les capacités remarquables de l’impétrant et ses qualités dans la pratique et sa volonté de conquête du milieu des illustres penseurs intellectuels africains. Eloges qui ont d’ailleurs été reconnues et saluées à l’unanimité, sans toutefois, comme l’exige ce genre d’exercice, de relever certains écueils dont la portée n’a visiblement pas entaché le caractère exceptionnel de ladite thèse.

Dans son exposé, le désormais Docteur en Histoire des Relations Internationales fait une démonstration pertinente, à travers les faits et la rigueur mérhodologique liée à la discipline, d’un processus de construction d’une Architecture de paix depuis 1963, date de création de l’OUA, qui a montré des limites pour cause d’un certains nombres d’influences, tant endogènes (la faiblesse institutionnelle ou étatique des politiques et mécanismes de paix, l’absence de volonté politique des Chefs d’Etat Africains mais surtout la question de l’incurie du finacement des missions et opérations de paix…), qu’exogènes (l’hyper représentativité des grandes puissances sur le terrain de la paix et de la sécurité africaine…).

En passant au crible environ 60 ans de l’Histoire africaine de la paix, l’impétrant répond à la question centrale suivante : Pourquoi l’Africanisation de la paix sur laquelle les africains ont placé tant d’espoir parrait-elle si inacomplie ?
Pour l’auteur, 3 principales raisons l’expliquent : Premièrement, la complexité du concept « d’Africanisation de la paix » dont la genèse et les contenus sont diffus, disparates et encore peu stables, a cultivé de l’ambiguïté et de la complexité dans sa matérialisation. La paix étant une réalité sur laquelle aucun consensus n’est vraiment établi en Afrique.
Deuxièmement, les politiques et les instruments de paix tels que pensés et mis en œuvre par les institutions régionales (OUA, UA) et sous régionales (CERs), elles-mêmes affaiblies par le nombrilisme et l’instabilité des États, sont des limites intrinsèques. Dès lors, la maturation de l’« l’Africanisation de la paix » en tant que concept a été trop lente et sa mise en œuvre insuffisante contredite par les forces centripètes.
Troisièmement, les faiblesses institutionnelles et étatiques, mais aussi les manifestations encore trop marquées du jeu des puissances (à travers le soft power et le hard power) et du multilatéralisme sécuritaire dans les politiques africaines de paix ont rendu rédhibitoire l’« Africanisation de la paix ».
Avec la mention très honorable et devant un parterre d’invités de marque, parmi lesquels un représentant du Premier Ministre, Chef du Gouvernement de la Transition, Monsieur Raymond NDONG SIMA, empêché, les maitres de cette science ont reconnu que l’impétrant avait clairement produit une étude de qualité dont les Etats, en tête desquels le Gabon Gabon actuellement en situation de transition politique depuis le coup de libération du 30 Août 2023, devraient, sans tarder se saisir de cette production intellectuelle unique car le Dr Yvan Comlan OWOULA BOSSOU y présente les intérêts de très haute dimensions pour la Gouvernance politique, la Sécurité, la Paix et la Cohésion sociale dans une Afrique qui connait davantage de l’instabilité.

Il y développe en effet un intérêt que l’on arrive à saisir à 4 niveaux : National, avec les aspects liés à la bonne gouvernance et les pratiques de démoctatie, Etat de droit… ; Sous-régional et Régional, en montrant l’importance d’une réelle politique sécuritaire au sein des CERs et continental, en apliquant simplement les textes pour la réalisation de « L’Afrique que nous voulons », promue par l’Agenda 2063 et les politiques de réforme du secteur de Sécurité continental en 2013.

On retient donc que l’Afrique n’est pas perdue à condition qu’elle sorte de son « Afroidéalisme » (paradigme implémenté par l’auteur) qui rend rédhibitoire « l’Africanisation de la paix ». La promotion d’une réelle internalisation des politiques de paix et l’endogénisation des savoirs premiers (savoirs endogènes) sont aujourd’hui une voie dont l’exploration est d’un intérêt capital et le cas de la Gacaca au Rwanda en est le parfait exemple.

Avec cette thèse doctorale, le Gabon se positionne en pionnier dans les réflexions scientifiques de « l’Africanisation de la paix ». Il s’agit là clairement d’un maillon essentiel pour « notre essor vers la félicité » qui témoigne à plus d’un titre, l’excellence, dans bien de domaines, de la jeunesse Gabonaise.
Vivement qu’en cette période de Restauration des Institutions, le CTRI fasse la promotion de cette thèse.

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