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Première Journée Internationale de la Paix sous le CTRI : Gabon, une nouvelle ère ?

A l’occasion de la Journée Internationale de la Paix, notre rédaction a rencontré M. Yvan Comlan OWOULA B., Chercheur sur des questions de Paix (et sécurité). En faisant le parallèle avec la situation que vit le Gabon depuis le 30 août dernier, l’intéressé nous propose une analyse teintée de ce qu’il désigne lui-même « Gabonisation ». Lecture !

Yvan Comlan Owoula Bossou

Les instances internationales (ONU) ont décrété chaque 21 septembre, « Journée Internationale de la Paix ». « Action en faveur de la paix : nos ambitions pour les #ObjectifsMondiaux » est le thème retenu pour cette annéeet cette note calendaire est définitivement intégrée dans les nouvelles perspectives pour « l‘Afrique que nous voulons » selon l’Agenda 2063. Seulement, le constat d’une Afrique en Paix contraste avec les multiples annonces faites et les engagements pris. En effet, l’actualité du continent noir semble se faire et refaire selon que les marques de l’histoire lui impose une certaine redondance, et il est bien connu que les mêmes causes produisent les mêmes effets. La guerre est la principale notion que l’on retient de l’Afrique, n’en déplaise !

La Paix et l’Afrique

Depuis les grands voyages maritimes du XVe siècle, la paix est devenue une nébuleuse en Afrique, dont seuls les décideurs de l’ordre mondial ont précepté le substrat. Entendue comme  « l’absence de guerre », elle est devenue un vain mot dont l’usage renvoie aujourd’hui à l’obéissance à toute loi inique et cynique, tandis que le philosophe Spinoza souligne que, « pour être authentique, elle doit résulter, non de la soumission ou de l’apathie générale, mais de la concorde entre les hommes par l’accord des cœurs et des esprits ». Une sorte d’humanisme idéalo-wilsonniène. Ce qui revient à dire que « la paix peut exister si les individus ne sont pas tout à fait ou pas uniquement des individus, si les individus tiennent les uns aux autres plus qu’ils ne tiennent à eux-mêmes. » C’est là une opinion qui vaut son pesant d’or et l’Afrique est toujours attendue sur ce chantier !

Le Gabon, dans ce vaste champ de boue, s’est principalement démarqué depuis 1960, imposant à l’opinion que la paix n’est qu’absence de guerre. On se rappelle encore les récriminations d’Omar BONGO ONDIMBA à ses opposants politiques, qui suggérait d’ailleurs que l’on pouvait bien accepter notre situation de misère et de contrôle monarchique dans la démocratie et les exactions du clan/système BONGO-PDG, dès lors que les armes ne retentissaient pas. « On ne mange pas la paix » pouvaient lui répondre certains, bien qu’assez naïvement !

Promotion de la paix:Omar Bongo Ondimba célébré
Omar Bongo Ondimba

La paix est en effet un héritage selon qu’on suive la trajectoire du bien-être pour tous, davantage dans un pays tel que le Gabon, ô combien riche ! Elle n’est donc pas uniquement l’absence de guerre car, au constat, toutes les guerres ne sont pas à l’image de ce que furent 1914-1919, 1939-1945, encore moins aux allures du conflit russo-ukrainien en cour depuis début 2021.

La pauvreté, la misère, le chômage, l’insécurité, l’inculturation, la dictature, la fausse démocratie ou les « démocratures », les détournements massifs, la médiocratie, la perte de valeurs patriotiques…, sont des formes de guerres qui, hélas, troublent la paix sociale et peuvent conduire, nonobstant le temps, à des conséquences encore plus néfastes.

Gabon, entre Restauration des Institutions et Paix

Lorsque le CTRI prenait le pouvoir, il rappelait, comme un slogan, cette mythique note de notre hymne national, dont, plus que jamais, le Peuple gabonais tente, de mieux en mieux, saisir la pleine portée : « C’est enfin notre essor vers la félicité » !

En comprend-t-on véritablement le sens en cette Journée Internationale de la Paix ?

Dans un de ses illustres titres, l’immense artiste gabonaise, aujourd’hui tombée dans l’oubli, « Maman Dédé », chantait début 2000 : « Nous avons la paix physique, nous voulons la paix morale ». Cette icône de notre patrimoine mettait en effet en lumière les insuffisances d’un système qui avait clochardisé ses populations depuis 1960 et personne n’y avait véritablement prêté attention, se limitant à esquisser quelques pas de danse et à apprécier le « vesti-stylistique » de notre tendre « Maman Gabon ». Chapeau l’Artiste !

Maman Dédé

Aujourd’hui, 21 septembre 2023, la Paix est quasi-perceptible car, plus que de par le passé, le Peuple souverain, le Général Brice OLIGUI NGUEMA en premier, l’appelle de tous ses vœux. Oui, « nous voulons la Paix ! ».

Elections générales 2023 : « Pour la promotion d'un Gabon d'abord » par  Wilfried MBOT NGUEMA. - 7joursinfo.com

Dans ce contexte, il sied cependant que l’on puisse cerner le contenu de la Restauration des Institutions.

De la Restauration des Institutions en question

En dissolvant les Institutions, le CTRI ouvre un nouvel horizon pour de nombreuses générations qui avaient perdu toute confiance dans la politique gabonaise. En effet, la soif d’un autre jour est davantage plus grande et devrait surtout s’étendre davantage afin de ne perdre de vue aucun élément primordial de la Restauration promise par le CTRI. Ce coup d’Etat, bien que militaire, n’est pas pour l’Armée car elle-même est garante du peuple. Les bénéfices de cette nouvelle page de l’Histoire du Gabon doivent porter les couleurs de la « Nation » et du « Patriotisme ».

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La Restauration des Institutions ne serait actée sans prendre en compte la Restauration de la dignité du Peuple gabonais. En effet, les populations avaient fini dans le désarroi total et la résignation la plus absolue devant la toute-puissance de certaines communautés étrangères qui brandissaient à tout va le très méprisant « je suis plus gabonais que toi », du fait de leurs accointances avec les hommes du régime déchu.

Entre spoliation de biens ancestraux, les procès corrompus, les assassinats, les enquêtes sans issues, la loi du plus aisé, la clochardisation des populations, les crises et conflits homme-faune, les services publics (hôpital, eau, électricité, routes, école…) misérables, l’exode rural, l’arrogance des expatriés (sans xénophobie aucune), la prise en compte des milliers de diplômés au chômage, le marchandage des postes budgétaires, les salaires à minima et parfois impayés, les retraités sous considérés et parfois lynchés, les étudiants, la promotion de sous-valeurs (mœurs)…, en effet, le tableau est grandement fourni et le gabonais aimerait bien sortir du désormais sempiternel « on va encore fait comment ? ». La dignité du gabonais a été pendant trop longtemps bafouée et le peuple a sombré depuis lors dans une forme de léthargie intellectuelle qui n’a fait émergé que les seuls comportements de la politique du ventre, les crimes rituels et de sang, l’homosexualité, l’immoralité…

Restauration et « Gabonisation »

Le concept de « Gabon d’abord » est devenu vide de sens tandis qu’il était lui-même creuset de la Paix véritable dans un Gabon, qui semble-t-il, a peut-être eu trop tôt un Président bien en avance sur son temps. Aujourd’hui, il ne fait aucun doute que la restauration doit s’opérer à un niveau multidimensionnel car la libération doit-être totale. C’est donc le lieu d’appeler le Peuple à accompagner ses vaillants soldats dans la « gabonisation » de la gestion du nouvel Etat naissant, ouvrage tant cher au père de l’indépendance (Léon MBA). Par ailleurs, est-il plus que judicieux d’adjoindre à cette « Restauration étatique », la « Restitution des droits » perdus du peuple gabonais car cela est garant de la Paix tant proclamée.

En cette période, le monde entier regarde le Gabon et espère nous voir davantage « digne d’envie ». Vivement que l’on puisse véritablement construire ce pays, tous « Unis dans la concorde et la fraternité ».

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