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Les nouveaux Enseignants Gabonais, une génération sacrifiée ?

Depuis le 5 février dernier c’est toute une génération de jeunes enseignants issus de plusieurs promotions des Grandes Ecoles du Gabon (ENI,ENS,ENSET,INJS) 2015-2016 et du recrutement direct 2016, qui dort à la belle étoile au parking de la cathédrale Sainte Marie. Ce mardi 26, ils ont donc décider, une énième, fois, de faire le pied de grue devant la primature de la République.

Vous les avez sans doute vu ou du moins aperçu pendant que vous étiez en train de passer par là. Ne vous meprenez pas, ce ne sont guère des mendiants ou des SDF, mais bien au contraire, des diplômés, des intellectuels, des enseignants. Ils sont jeunes et patriotes et ne demandent qu’à entrer dans la pleine régularisation de leurs droits.

Ces jeunes ont commis le crime de laise majesté d’ avoir choisis la fonction noble d’enseignant dans un pays qui en a pourtant bien besoin. Ils sont en poste depuis 5, 4 et 3 ans et depuis lors ne connaissent rien de leur situation administrativo-budgétaire. Rien ne leur est donné comme informations. Aucun salaire payé, aucune prise en compte conformément à leur statut, absolument rien.

Baladés comme des balles de ping-pong entre les différentes administrations sensées être en charge de leurs situations, ces 1500 gabonais sont aujourd’hui à Sainte Marie, dans le but et l’espoir d’attirer davantage l’attention des plus hautes autorités de ce pays, sans risquer de se faire embastiller et mis en cellule par les hommes en treillis, comme ce fut le cas au mois de mai 2018 pendant qu’ils manifestaient pacifiquement devant leur ministère de tutelle.

Cette situation est d’autant plus inconfortable que les difficultés auxquelles cette jeunesse est exposée ne leur permet plus de tenir. Entre les loyers impayés, les factures non réglées, l’incapacité à se soigner, nombreux sont aujourd’hui mis à la porte, d’autres sont extrêment souffrants et certains sont morts à ce jour. Les corollaires sont également importants sur leurs familles respectives.

Jusqu’à quel extrême doivent-ils aller ? Bien heureux seraient-ils de savoir que le Gabon n’est pas sur la liste des Etats tueurs de l’enseignement car ils le savent pertinemment: l’éducation est la base et le socle desquels part le vrai développement.

Entre mépris des autorités de tutelle et les pressions acharnées de certains chefs d’établissement à la conscience aussi noire qu’ambigüe, cette jeunesse voit mourir son rêve, asphyxié par les nombreuses promesses qui ne pondent qu’étouffement et gaz de désespoir.

Après les nombreux Gouvernements de Monsieur Emmanuel Franck Issoset Ngondet auxquels ces enseignants ont pourtant présenter leurs revendications oh combien légitimes!, ils sont désormais à la croisée des chemins avec Monsieur Julien Nkoghé Békalé. Qu’adviendra t-il de cette génération ?

Toutefois, pour l’heure, on peut dire que l’arrivée du « Djadji » tombe bien, car voici en face de lui sa jeunesse qui ne sait plus à quel saint se vouer.

Si le Ministre en charge de l’Education Nationale au Gabon actuellement a toujours été au beau fixe dans la critique du fait de son passage à ce même poste il ya plus d’une décennie, il a promis revoir le cas de ces enseignants en procédant à une « évaluation budgétaire », osons espérer que sa volonté soit d’une franchise qui ne nous rappellera pas le furtif épisode de Mister BBM avec les logements sociaux.

La Jeunesse Gabonaise est-elle toujours sacrée ?

Wait and see !

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