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5e arrondissement : pourquoi le Maire Chadi Moukarim dérange ?

S’il était jusque-là encore peu connu du grand public, l’entrepreneur en BTP, membre du conseil national du Parti démocratique gabonais (PDG), Chadi Moukarim (34 ans) , vient de prendre les commandes de la Mairie du 5e arrondissement de la commune de Libreville, pour un mandat de cinq ans. Son investiture par le PDG fait le buzz sur les réseaux sociaux et crée la polémique. La raison ? Le nouveau maire est d’origine libanaise.

« Moi gabonais, mon acte de naissance va être signé par un libanais ? Jamais de la vie ! « , « un gabonais ne sera jamais maire au Liban. .. », « Plus raciste qu’un libanais tu meurs… », »bientôt on aura un président blanc, pauvre Gabon « . Ces éléments de langage, particulièrement durs, se sont multipliés la semaine dernière sur les réseaux sociaux, caricature à l’appui, dès l’annonce de la candidature , jusqu’à l’investiture de Chadi Moukarim, à la Mairie du 5e. Des compatriotes visiblement remontés à l’idée qu’un libanais soit hisser à la tête d’une administration gabonaise.

Réussira-t-il à s’adapter à la situation socio-politique du 5e arrondissement ?

Chadi Moukarim

Réagissant à ces publications sur la toile, Chadi Moukarim a appelé ses détracteurs à ne pas voir les choses à travers le prisme de la nationalité. S’estimant victime de xénophobie, il déclare sur Facebook :  » Le Gabon c’est mon pays, c’est chez moi. C’est le pays où je suis né, là où mon père est né, le pays que nous avons choisi et aimé… ». Une phraséologie qui a certainement pesé dans sa désignation. Mais réussira-t-il à s’adapter à la situation socio-politique du 5e arrondissement ? Ceux qui l’ont plébiscité pensent que si on lui donne du temps et s’il est entouré de collaborateurs compétents, pas trop politisés, il pourra donner la mesure de son talent pour la transformation structurelle du 5e arrondissement. Alors pourquoi cet homme discret suscite t-il autant de rejet?

Sur le plan sociologique, on peut définir la « xénophobie  » comme l’ensemble des discours et des actes qui – en dehors de situation ou menace d’invasion militaire – tendent à désigner l’étranger comme un problème, un risque ou une menace pour la société, que l’étranger soit au loin et susceptible de venir, ou déjà arrivé dans cette société ou encore depuis longtemps installé. Sentant cette propension chez ses compatriotes, le 12 septembre 2012, devant le Parlement réuni en congrès, le président de la République, Ali Bongo Ondimba , avait fortement regretté et condamné les manifestations de tribalisme et de xénophobie qui sont malheureusement observés de temps en temps au Gabon. Comment y résister dans un pays qui vit en permanence au bord de la crise de nerfs ? Il faut se souvenir que le Gabon est un pays d’immigration. Une terre de liberté  » qui accueillit Albert Schweitzer, Cheikh Amadou Bamba et Samary Touré, et qui restera fidèle à sa tradition, en s’ouvrant à tous ceux qui témoignent d’une réelle passion pour elle et d’une sincère fraternité pour ses enfants « ,’dixit le professeur Guy Rossatanga – Rignault.

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